Par J.Luis Dizon
Traduit par Ericka Lariviere

Noël nous rappelle le principe de Dieu, devenu humain. Ce concept est appelé l’Incarnation (Un terme latin qui veut littéralement dire « devenir chair »).  Si vous avez été élevé dans un environnement de culture chrétienne comme le Canada, cette idée ne vous semble probablement pas si extraordinaire. Votre culture vous a habitué à ce concept. Pourtant, historiquement, il n’a pas toujours été clairement compris par les gens. En fait, dans de grandes parties de notre monde actuel, le concept n’est toujours pas intégré. La raison principale est que l’Incarnation transcende les conceptions humaines de qui est Dieu, et quelle est sa relation avec les humains.

Pour bien comprendre l’incarnation, il est important de revenir à la manière dont l’idée a été reçue au temps de Jésus. Souvenez-vous que Jésus est né dans un milieu dévoué au Judaïsme. Les gens croyaient en un Dieu infiniment saint, totalement différent de nous. La Torah dit clairement, «Dieu n’est pas un homme» (Nombres 23 :19).[1] Quand Jésus a proclamé sa divinité, cela a causé de la controverse.[2] Même si certaines sectes Juives marginales comme les Esséniens étaient ouvertes à l’idée de Dieu prenant une forme humaine, l’opinion générale des Juifs représentés par les Pharisiens et les Saducéens était que le concept était inconcevable. C’était une chose pour Jésus de se proclamer grand rabbin et prophète, mais une tout une autre que de se proclamer créateur de l’univers! Cette affirmation de Jésus a été un des facteurs majeurs ayant contribué à mener à sa mort.

Ce n’étaient pas seulement les Juifs qui avaient de la difficulté avec l’idée de la divinité devenant humaine. Quand le christianisme s’est répandu dans le monde gréco-romain, ce concept a aussi été reçu avec incrédulité. Depuis l’époque de Platon, les Grecs croyaient que le monde matériel était trop impur pour que la divinité parfaite y habite. Des groupes religieux connus sous le nom de Gnostiques, qui empruntaient les idées du Christianisme et les mélangeaient avec la pensée Grecque, affirmaient que ce n’était même pas Dieu qui avait crée ce monde, mais plutôt un esprit inférieur et imparfait (appelé le «Démiurge») et que Jésus a été envoyé dans le monde matériel pour y libérer ceux qui avaient des esprits purs. Puisque la matière était impure, Jésus n’aurait pas pu avoir un vrai corps humain. Il avait plutôt un corps spirituel qui ressemblait à un corps humain. Là où les Juifs rejetaient la divinité de Jésus, les Gnostiques rejetaient son humanité.

Encore aujourd’hui, plusieurs groupes religieux rejettent l’idée que Dieu puisse devenir humain. Ceci est une caractéristique de l’une des plus grandes religions se mesurant au Christianisme, l’Islam. Les Musulmans rejettent avec véhémence quelconque possibilité d’incarnation. Le Coran déclare que la Divinité de Jésus et sa position de fils de Dieu sont des blasphèmes méritant le feu de l’enfer (Coran 5 :72-75, 116; 6 :101; 19 :88-93). Jésus peut être honoré en tant que prophète de Dieu, mais cela s’arrête là, et ceux qui vont plus loin en prêchant ces idées dans des milieux majoritairement Musulmans font face à de sérieuses conséquences. (Coran 9 :29-30).

On peut voir que l’Incarnation est une idée scandaleuse. Pourtant, c’est un scandale que les Chrétiens doivent s’approprier, car il s’agit d’une des doctrines fondamentales de notre foi. Le fait que Dieu se soit fait homme affirme que malgré son état de perdition, la création est encore fondamentalement bonne et vaut la peine d’être préservée. De plus, à travers les épreuves de la vie, l’Incarnation est la réponse de Dieu au problème du mal. Elle nous pointe vers un Dieu qui, malgré sa souveraineté et sa majesté, n’est pas si distant de notre souffrance qu’il ne daignerait revêtir la chair humaine pour la vivre lui-même.[3]

Ce qui est encore plus important, c’est que l’Incarnation rend le salut possible. Pour être réconciliés avec notre créateur, nous avons besoin d’un sauveur qui peut bien nous représenter, mais qui est à la fois parfait et de valeur infinie, afin de couvrir le péché devant un Dieu infiniment saint. Ce n’est donc que quelqu’un qui soit à la fois divin et humain qui peut être notre sauveur. C’est pourquoi « la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous » (Jean 1 :14). De cette parole, Carmen Christi, un hymne présent dans une des lettres de Paul et datant du début de l’ère du Christianisme, affirme que:

« [Christ-Jésus], lui dont la condition était celle de Dieu, il n’a pas estimé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes ; après s’être trouvé dans la situation d’un homme, il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Philippiens 2 :6-11).

Si vous êtes chrétien, réjouissez-vous à Noël cette année, car l’enfant dans la crèche représente le commencement d’un périple qui se termine à la croix et à la tombe vide, et qui assure notre salut et notre union avec Dieu. Faites de ceci ―et de rien d’autre― le centre de votre attention en cette saison.

Si vous n’êtes pas chrétien, reconnaissez que votre éternité est en jeu. Dieu a pourvu une façon pour nous de le connaître et d’être pardonnés de nos péchés, au travers de notre foi dans l’œuvre de son Fils Jésus-Christ. Si vous mettez votre confiance en ce que Jésus a fait et non en votre religiosité ou vos bonnes œuvres, vous recevrez le plus beau cadeau qui existe : Le don de la vie éternelle.


[1] Ceci n’est pas pour dire que Dieu n’apparaît jamais en tant qu’homme dans la Torah. Il le fait à certaines occasions, comme lorsqu’il apparaît, accompagné de deux anges, à Abraham aux chênes de Mamré (Gen. 18). Cependant, ceci n’est pas vu comme une incarnation dans le vrai sens du terme.

[2] Certaines sectes hérétiques, comme les témoins de Jéhovah, affirment que Jésus ne s’est pas proclamé Dieu, mais une exégèse bien exécutée du Nouveau Testament mène inévitablement à cette conclusion. Pour plus de renseignements à ce sujet, se référer à Robert M. Bowman et J. Ed Komoszewski, Putting Jesus in His Place: The Case for the Deity of Christ (Grand Rapids, MI: Kregel Publications, 2007) et James R. White, The Forgotten Trinity: Recovering the Heart of Christian Belief (Minneapolis, MN: Bethany House, 1998).

[3] Ce point est élaboré par Timothy Keller dans La raison est pour Dieu : La foi à l’ère du scepticisme (Lyon : Éditions clé, 2014), ch.2

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